Inspecter une salle contaminée sans y envoyer un technicien : c’est la promesse d’Oranef, le drone français conçu par Orano (l’ex-Areva) avec le laboratoire Hubert Curien de l’université Jean Monnet de Saint-Étienne. L’appareil, remis en avant cette semaine dans une vidéo diffusée par l’industriel, se glisse dans un trou de dix centimètres pour cartographier la radioactivité d’une zone avant qu’un humain n’y mette les pieds.
Un drone pliable pensé pour l’inaccessible
La particularité d’Oranef tient à sa conception mécanique : l’appareil se replie comme un couteau suisse pour franchir une ouverture aussi étroite que dix centimètres, puis se déploie une fois à l’intérieur de la pièce visée. Cette contrainte de taille n’est pas un détail esthétique : dans une installation nucléaire en cours de démantèlement, la plupart des accès classiques sont scellés, endommagés ou simplement trop dangereux pour qu’un technicien y pénètre directement.
Le cœur technique de l’appareil repose sur DosiX, une sonde à fibre optique miniaturisée capable de mesurer la dose de radiation en temps réel pendant le vol. Le drone ressort ensuite de la zone contaminée avec une cartographie radiologique précise, établie sans qu’aucune personne n’ait eu besoin d’y être exposée.
Pourquoi ce drone compte pour la filière nucléaire
Oranef vise en premier lieu les sites d’Orano à La Hague et Beaumont-Hague, mais l’enjeu dépasse largement le territoire français. L’appareil avait déjà été distingué par un prix de sûreté nucléaire au World Nuclear Exhibition en novembre 2023, et une troisième génération est aujourd’hui en phase de test. Le calendrier mondial du secteur joue en sa faveur : plus de 200 réacteurs doivent être démantelés d’ici 2030 à travers le monde, sans compter les opérations toujours en cours à Fukushima et à Tchernobyl.
Pour Orano, Oranef est aussi une vitrine industrielle à exporter : la capacité à cartographier une zone radioactive sans exposition humaine est un argument commercial fort face à la concurrence internationale sur ce segment très spécialisé de la robotique de sûreté.
Un signe plus large : la robotique au secours des zones à risque
- Les drones d’inspection gagnent du terrain partout où l’accès humain est risqué ou impossible, du nucléaire à la détection d’incidents dans les infrastructures sensibles.
- La miniaturisation des capteurs, comme la sonde DosiX, permet d'embarquer des mesures de précision sur des appareils toujours plus petits et maniables.
- Cette logique rejoint d’autres usages aériens en plein essor, qu’il s’agisse de détecter des drones indésirables grâce à la 5G ou de les encadrer par une réglementation de plus en plus précise, comme le rappelle notre article sur les règles applicables aux drones.
- Côté robotique, la précision gestuelle recherchée pour Oranef fait écho aux progrès observés ailleurs, comme chez cette main robotique capable d’apprendre à se déplacer sur ses propres doigts.
Questions fréquentes
Qui fabrique le drone Oranef ?
Oranef est développé par Orano, l’ex-Areva, en partenariat avec le laboratoire Hubert Curien de l’université Jean Monnet de Saint-Étienne.
Comment Oranef mesure-t-il la radioactivité ?
Il embarque DosiX, une sonde à fibre optique miniaturisée qui mesure la dose de radiation en temps réel pendant le vol, pour produire ensuite une cartographie radiologique de la zone traversée.
Sur quels sites ce drone est-il destiné à intervenir ?
Il cible d’abord les installations nucléaires d’Orano à La Hague et Beaumont-Hague, avec une ambition d’export vers les nombreux chantiers de démantèlement nucléaire prévus dans le monde avant 2030.
Sources
- Media24 — présentation du drone Oranef
- Usine Nouvelle — les drones de mesure de radioactivité en centrale
- DroneGPT — les drones et la mesure des radiations à Tchernobyl
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale