Pas de bras, pas de jambes, pas de roues : juste une main. Des chercheurs du laboratoire de robotique souple de l’ETH Zurich ont appris à une main robotique détachée de tout corps à se déplacer en marchant sur le bout de ses propres doigts. L’engin, qui rappelle immanquablement la main « Thing » de la famille Addams, ne se contente pas de ramper : il tape sur un clavier, pousse de petits objets et se relève seul après une chute. Une prouesse qui en dit long sur l’avenir des robots capables à la fois de se déplacer et de manipuler avec le même membre.
Une main qui marche, tape et se relève
La main utilisée est un modèle anthropomorphe du commerce, doté de cinq doigts et de 20 articulations motorisées, pour un poids total d’à peine 818 grammes. Aucune modification mécanique n’a été nécessaire : tout repose sur la manière dont l’engin a été entraîné à bouger. Les chercheurs l’ont fait progresser sur 14 surfaces différentes, du parquet au gravier, et l’ont fait tomber volontairement à 25 reprises : la main s’est redressée seule dans 21 cas. Sans aucune vision, en s’appuyant uniquement sur le toucher, elle a ensuite réussi à appuyer sur 29 des 32 touches d’un clavier, preuve que la même « patte » peut aussi bien porter le poids de l’ensemble que manipuler un objet avec précision.
Un apprentissage par renforcement, pas une programmation classique
Le point clé n’est pas la mécanique, mais la méthode : la démarche n’a pas été écrite ligne par ligne par un ingénieur, elle a émergé d’un apprentissage par renforcement mené dans un simulateur, où des centaines d’environnements tournaient en parallèle. Comme les cinq doigts ne sont pas identiques et que la paume repose avec une légère inclinaison, chaque bout de doigt s’est vu assigner sa propre position cible, calculée à partir de la posture naturelle de la main. C’est cette approche, proche de celle qui sert aujourd’hui à entraîner des systèmes d’intelligence artificielle pour accélérer la conception de puces électroniques, qui permet au robot de s’adapter à des situations jamais vues plutôt que de suivre une trajectoire figée à l’avance.
Pourquoi une main qui marche intéresse toute la robotique
Sur le papier, l’exercice a des airs de curiosité de laboratoire. Mais il touche à un vrai verrou technique : la plupart des robots séparent encore nettement la fonction de déplacement (jambes, roues, chenilles) de la fonction de manipulation (bras, pince, main). Montrer qu’un seul et même ensemble d’articulations peut remplir les deux rôles ouvre la voie à des machines plus compactes et moins coûteuses, à l’heure où des projets comme le robot humanoïde Digit d’Agility Robotics ou les initiatives françaises autour des robots humanoïdes industriels cherchent justement à réduire la complexité mécanique de ces engins. Une main capable de marcher, de se rattraper après une chute et de manipuler un objet pourrait, à terme, servir de brique de base à des robots d’inspection ou de maintenance évoluant dans des espaces trop étroits pour un robot à pattes classique.
Ce qu’il faut distinguer : prototype et produit
Il s’agit pour l’instant d’une démonstration de recherche, pas d’un produit commercialisable. Rien n’indique une date de transfert vers l’industrie, et les auteurs eux-mêmes présentent ce travail comme une exploration des limites de l’apprentissage par renforcement appliqué à la locomotion, plutôt que comme une solution prête à l'emploi. Les chiffres annoncés (surfaces franchies, taux de récupération après chute, touches pressées) proviennent des publications et communications de l’équipe de recherche ; aucune commercialisation n’a été évoquée à ce stade.
Questions fréquentes
Qui a développé cette main robotique ?
Le laboratoire de robotique souple de l’ETH Zurich, en Suisse, à partir d’une main anthropomorphe du commerce à cinq doigts et vingt articulations motorisées.
La main peut-elle vraiment marcher sans aide extérieure ?
Oui : elle se déplace de façon autonome sur ses doigts, sans bras ni jambes, et s’est relevée seule après la grande majorité de ses chutes lors des tests sur quatorze surfaces différentes.
Ce robot sera-t-il commercialisé prochainement ?
Non, il s’agit d’un prototype de recherche destiné à étudier l’apprentissage par renforcement appliqué à la locomotion ; aucune date de commercialisation n’a été communiquée.
Sources
Interesting Engineering · Fast Company · Journal du Geek
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale